L´Amazonie transpire…
Lundi 29 juin 2009
Après bien des événements, hélas parfois sanglants, l´Amazonie péruvienne semble avoir obtenu un sursit: les décrets permettant l´exploitation des forêts et sous-sols sans consultation des populations locales viennent d´êtres annulés.

Mon blog n´est pas une tribune politique mais je voulais néanmoins ouvir le débat afin d´exposer d´autres opinions que celles diffusées par la presse internationale ou les ONG, qui ont décrit à coup de gros clichés, faciles et manichéens, une situation extrêmement complexe où se mêlent bien des acteurs.
De par le monde, et, inévitablement en Amérique Latine, beaucoup de peuples vivent dans une misère atroce. La misère, la pauvreté, la sécheresse, le manque de moyens pour subvenir aux besoins de ces populations mais aussi, bien triste réalité, l’ignorance font que leur situation ne risque pas de s’améliorer. Et la politique dans tout cela ? Elle ne résout pas grand chose, notre planète est déjà âbimée par les émissions de CO2 et ce n’est pas les réductions qui vont arrêter sa progressive dégradation… Les lois du commerce international et du grand brassage de l’Argent (bien souvent sale) sont malheureusement plus fortes que quelques pensées humanitaires qui émanent le plus souvent de bénévoles… J’ai passé un moment très agréable sur votre blog où vos photographies sont prodigieuses ! Elles parlent d’elles-mêmes… Je reviendrai !
Quand les Indiens d’Amazonie (comme les Ashaninkas) ou ceux de la sierra luttent contre Sentier Lumineux avec leurs “rondas campesinas (milices paysannes), ils sont salués comme les héros de la patrie, et félicités pour la défense de “leur” forêt. Quand ils s’opposent à des multinationales du pétrole ou à des compagnies minières qui défigure leur environnement historique et ne leur rapporte que des misères (ou des petits sparadraps sur leurs plaies béantes : petits dispensaires, écoles de missionnaires, autant de “verroteries” modernes), ils sont voués aux gémonies.
La faute à qui ? Bien sûr, les Indiens, innocents comme de “bons sauvages”, ne peuvent qu’avoir été manipulés et les ficelles sont tirées par les “rouges” (la guerre froide n’a pas été oubliée) ou par l’impérialisme chavo-moralisto-sandinisto-FARCo-équatorien…
Quant aux ONG, il est évident qu’elles trouvent de la légimité à remuer dans les problèmes. C’est leur fond de commerce. Les patrons des ONG sont d’ailleurs super bien payés; d’une certaine manière, ils “vivent” de la détresse des autres. Et s’il arrive que leur action bénéficie quelque peu aux populations-cibles, ce sont surtout de belles carrières (parfois à de hauts postes politiques) qui les attendent.
Certains des leaders indigènes aguarunas (jivaros) sont connus internationalement et ont reçu des récompenses prestigieuses : prix Nobel alternatif, prix Prince des Asturies. Pas vraiment le profil de terroristes…
C’est oublier que des indigènes, par dizaines, ont perdu la vie ou ont été gravement blessés, ou que 22 policiers, pauvres hères mal payés, ont été égorgés par de mystérieux commandos en cagoule alors qu’ils étaient séquestrés dans un local par les Indiens.
C’est oublier que les Amazoniens sont chez eux après tout et qu’on ne leur demande pas leur avis sur LEURS terres, leur territoire ancestral.
Toute cette affaire a été mal gérée. Mais qui s’apitoie vraiment sur les damnés de la forêt, ceux à qui, au Pérou, on balance le sobriquet de “chunchos” ?
“Un bon Indien est un Indien mort”, pour paraphraser le général Sheridan. Surtout quand il s’oppose aux grands intérêts de l’argent.
Tiens, au prix actuel de la propriété foncière au Pérou (devenue de plus en plus inaccessible à la grande masse de la population), les Amazoniens n’agissent-ils pas en bons “pères de famille” ?
Ceci dit, le Pérou reste un pays où la majorité de la population vit dans la pauvreté, où des enfants meurent par dizaines lors de vagues de froid dans la sierra, où existent de graves problèmes de logement, où les médias qui comptent sont contrôlés par quelques familles de nantis et l’appareil de l’Etat. Par contre, les classes sociales A et B sont plutôt contentes. Ce n’est pas elles qui sympathiseront avec Chavez ou Ollanta Humala (à ne pas confondre avec son frère Antauro, putschiste et caudillo de l’ethno-cacérisme).
Quant à Caceres, l’inspirateur des “cacéristes”, il y a beaucoup à dire sur ses instrumentalisations et trahisons des milices indiennes pendant et après la guerre du Pacifique… Les “montoneros”, quand ils étaient anti-chiliens, étaient loués pour leur patriotisme; quand ils étaient pour la redistribution des latifundia, on envoyait l’infanterie tirer dessus…
Pour conclure, le Pérou a toujours été un brin conservateur. Il est notoire que le Pérou a été le bastion du roi d’Espagne face à la progression de José de San Martin (le “Protecteur”) débarqué du Sud, et de Simon Bolivar (le “libérateur”, venu du Nord. Il est vrai que la classe des criollos craignait comme la peste le retour d’une insurrection à la “Tupac Amaru” et que les Indiens ne s’intéressaient pas trop à une révolution importée par des métis et “criollos” de Caracas ou de Buenos Aires.