Dans une longue plainte de freins fatigués, le train s’immobilise. Je suis arrivé au village de Aguas Calientes, un amoncellement indécent de béton gris, de tôles ondulées et de parpaing, sur la rive d’une nouvelle contorsion du Rio Urubamba.
Ce triste exemple d’anarchie urbanistique est avec Cusco, et c’est vexant, la localité la plus fréquentée par les touristes du monde entier venant au Pérou. Mais ici, il s’agit d’un passage obligé. Aguas Calientes est en effet la gare d’accès au site archéologique du Machu Picchu, perché quatre cents mètres plus haut. Rien n’a été planifié afin de construire, à mesure que se développait le tourisme, un village dans la lignée de ceux de la Vallée Sacrée par exemple.

Il eut pourtant été simple d’imposer un style urbanistique dès le début de l’expansion du minuscule hameau initial. Avec des matériaux “locaux” (adobes, poutres et tuiles), Aguas Calientes et ses eaux chaudes jaillissant de terre à 43 degrés, aurait pu ressembler à ce qu’une entreprise privée a magnifiquement réussi: le Machu Picchu Pueblo Hotel. Lire la suite…